Pauvre Kokkinakis
L'Australien a encore été forcé à l'abandon lors de son dernier match la semaine dernière et va tenter d'aller au bout cette fois.
Lors des qualifications de Montréal, Kokkinakis a pris un MTO pour un problème au dos après seulement un jeu disputé et était clairement diminué. Derrière, il a quand même tenté de jouer mais a fini par abandonner car il ne pouvait pas faire grand-chose d'autre que servir et tenter le coup gagnant sur le coup suivant. D'un côté, je suis content de le voir inscrit ici et pour l'instant il n'a pas fait forfait, ce qui signifierait que ce n'est pas aussi grave que prévu. On parle quand même d'un joueur qui n'hésite pas à s'arrêter six mois quand une blessure le gêne vraiment. Peut-être qu'il a eu peur ou qu'il a senti quelque chose et qu'au final ce n'était pas si grave. Je trouve que même en étant blessé, il a largement tenu et pourrait serrer les dents cette semaine.
Il a déjà gagné un paquet de matchs en étant blessé ou diminué. Mais miser sur lui serait quand même jouer avec le feu, non ?
C'est dommage car j'aime beaucoup le match-up. Son style de jeu est tout ce que Borges déteste : un bon serveur et quelqu'un qui fait mal avec son coup droit puissant dès les premiers échanges. Quand on prive Borges de temps et qu'on le force à être en défense tout le temps, le Portugais perd de sa superbe. Je trouve son niveau de jeu excellent en ce moment, mais ça fait déjà deux ou trois fois qu'il perd des matchs par manque d'instinct tueur pour enterrer ses adversaires et ne plus jamais les laisser revenir. C'est son petit péché mignon, il peut se tendre et manquer un peu de confiance. C'est aussi pour cette raison qu'il déteste ce genre de match-up, car il faut être excellent sur la moindre occasion et concrétiser toutes ses opportunités.
Borges mène 2-0 dans les confrontations directes sans avoir perdu de set. Je relativise un tout petit peu ce que j'ai dit précédemment dans le sens où Kokkinakis a surtout une énorme qualité de service, mais dans le jeu, il peut se montrer solide et attendre la faute de son adversaire. Il n'est pas du genre à chercher à faire le point en deux coups sur tous les jeux. C'est peut-être pour cela que Borges s'en sort un peu mieux contre lui. Là où, par exemple, un joueur comme Kovacevic, contre qui il a joué récemment et a eu du mal, est un peu plus dérangeant car l'Américain veut venir au filet et appuyer avec son coup droit immédiatement. Kokkinakis peut patienter un peu plus.


