Une digne finale
Nous avons eu les deux meilleurs joueurs en finale...
Ce qui peut sembler évident, mais ce n’est pas toujours le cas ! Après avoir regardé tous les matchs à Båstad, je me sens assez confiant pour dire qu’il y a eu un écart de niveau assez important dans ce tournoi, peut‑être un peu plus que d’habitude. Darderi comme Rublev ont un peu souffert en demi-finales, les deux ont perdu un set avant de se remettre en route et de s’imposer dans la manche décisive. Le match de Darderi a été de véritables montagnes russes : il a dû passer par un nombre à deux chiffres de balles de set avant de finalement remporter la première manche. Puis dans le deuxième set, il a manqué 3 balles de match ! Vallejo n’a vraiment pas fait un mauvais match. J’ai surtout trouvé son coup droit et son jeu au filet très bons sur ce match, ce qui était très important, puisque sa capacité à finir les points était l’une des principales inquiétudes dans ce duel. Rublev a affronté un Tabilo qui avait clairement élevé son niveau depuis son dernier match contre Midon, et le principal problème pour Rublev a été une grosse baisse au service dans le deuxième set, qui lui a coûté la manche. Comme contre Pellegrino, il a bien géré en ne laissant pas cette frustration déborder dans le troisième set.
Je pense que ce duel penche légèrement en faveur de Rublev. Même si j’ai mentionné que Vallejo était un peu limité au niveau des armes face à quelqu’un comme Darderi, cela ne posera pas de problème pour Andrey. Il peut vraiment augmenter l’intensité et imposer beaucoup de pression à Darderi, ce qui est important, car ce dernier est beaucoup trop à l’aise pour dicter le jeu dès qu’on lui laisse trop de temps. Statistiquement, Rublev a aussi tendance à très bien s’en sortir dans les dernières phases des petits tournois, ce qui a du sens, car c’est un joueur qui peut connaître des éliminations choquantes dès les premiers tours, mais quand il parvient à ne pas sortir tôt, il peut énormément hausser son niveau. Bien sûr, il y a aussi le facteur expérience : il a déjà été dans ce genre de situation tellement de fois. Même s’il a du mal en quarts de finale et au‑delà en Grand Chelem, principalement parce qu’il doit affronter l’élite, c’est une toute autre histoire en ATP 250 et 500 au minimum !
Cela dit, il faut aussi parler de Darderi. C’est un véritable monstre dans les dernières phases, avec un bilan de 5–1 en finales ATP. Ce n’est pas de la chance : l’une des plus grandes forces de Darderi, c’est de bien jouer les gros points. Combien de fois l’a‑t‑on vu sauver des balles de break avec ces gros services à plat !?


