Fery, sur un rythme de croisière
C'est la belle histoire de ce Wimbledon. Le (franco) britannique nous donne des émotions grandissantes au fil du tournoi. Il est rapidement mené un set à zéro contre Dzumhur lors de son premier tour, puis pareil contre Virtanen. Puis contre Bergs et Dimitrov, il est à rien (voire aurait du) de perdre le match. Mais, il a eu une attitude tellement irréprochable, qu'il est revenu à chaque fois. Il ne s'excite pas, absorbe les temps faibles. Contre Dimitrov, après avoir fait un premier set de haute volée, il joue plus de deux sets sans retrouver son meilleur niveau. Et pourtant, il est là. Pas un mot. Il se bat. Rien que ça, chapeau mec !
Quant à Cobolli, je le dis et le répète, ce mec sait gagner. Il dit être fatigué, et je le crois. Il sort d'une finale à Roland, et c'est un joueur qui a beaucoup de mal à enchainer. Mais quand ça compte vraiment, fatigué ou pas, il ne lâche rien et donne tout son coeur. Il a été un peu poussif lors de ses deux premiers tours par exemple, et bien malmené. Mais il n'a jamais baissé les bras, puis est monté en niveau jusqu'à battre rapidement un De Minaur peu confiant et usé.
On aura donc un Cobolli qui n'a pas trop perdu d'énergie contre De Minaur, et aura eu un jour de repos. Contre un Fery qui enchaine des matchs énormes en termes d'émotions et d'énergie, mais qui est désormais porté par tout un peuple et pour qui le moindre point supplémentaire est un cadeau du ciel dans le plus beau tournoi du monde.
Les deux hommes se sont déjà rencontrés cette année, c'était au premier tour de l'open d'Australie. Arthur Fery a remporté ce match en 3 sets, mais cette victoire est en trompe-l'oeil car l'Italien avait des problèmes gastriques ce jour là (un peu comme lors de son premier set contre Khachanov ici-même). Il avait subi dans une position souvent défensive, sauvée ci-et-là par quelques coups d'éclats.
Aujourd'hui, il se retrouve aux alentours de 1.36, alors que le marché à ouvert vers 1.4.
Je comprends qu'il soit bon favori. Sa tenacité dans l'échange, sa capacité à hausser son niveau dans les moments importants, et sa désormais belle expérience en Grand Chelem suite à sa finale de Roland, vont en faire un adversaire redoutable qui va, une nouvelle fois, donner son tout son coeur. Mais je garde à l'esprit que physiquement, ça peut coincer (quelques MTO pris dans le set 5 face à Khachanov par exemple). Je pense même qu'au fond de lui, il ne pensait pas qu'il s'en sortirait face à ADM (d'ailleurs, il a avoué avoir terminé sa période de location de villa et que son père allait devoir en chercher une autre).
Côté match up, Fery a un QI tennis sur gazon supérieur à celui de Cobolli. Cobolli, c'est celui qui a une grosse résilience à l'échange, qui se déplace très vite, et qui peut décider à n'importe quel moment de lâcher un énorme coup droit de rupture. Quand on voit les baisses d'intensité que Fery a eu lors de chacun de ses deux derniers matchs, on se dit que ça sera délicat pour lui. Et d'un autre côté, le Britannique a une palette de coups suffisamment variée pour pouvoir piéger l'Italien tactiquement. Il avait, par exemple, insisté beaucoup avec son jeu vers l'avant à l'Open d'Australie. Il sait que du fond, il ne gagnera pas. Et de son côté, Cobolli n'a pas l'ADN du mec qui se rue vers le filet dès qu'il le peut...


