Plus de coach, un poignet en reconstruction pour l'américaine
Laura Siegemund arrive à ce deuxième tour dans l'état d'esprit d'une joueuse qui sait exactement ce qu'elle vaut sur gazon. À 38 ans, l'Allemande a construit sa saison autour de cette surface qui lui réussit structurellement depuis un an : 5-3 sur gazon WTA sur 52 semaines, dominance ratio de 1,660 et breakpoints prevail de 1,696 supérieurs à ceux d'Anisimova sur la même fenêtre, et une victoire nette contre Jones hier avec 100% de jeux de service gagnés, 82% de points sur première balle rentrée et 67% sur la deuxième balle adverse. Elle est le type de joueuse qui use, qui construit, qui ne lâche jamais son service et qui attend que l'adversaire craque. Exactement ce dont Anisimova n'a pas besoin ce matin.
Amanda Anisimova débarque à Queen's Club dans une situation qui cumule les signaux d'alerte. Blessure au poignet gauche diagnostiquée après Miami fin mars, deux mois d'absence complète, retour à Roland-Garros sans préparation clay, sortie au troisième tour contre Parry en attribuant la défaite à des problèmes physiques liés à la chaleur, et par-dessus tout une séparation avec Hendrik Vleeshouwers, le coach néerlandais qui avait été l'architecte de sa résurrection depuis 2024 et ses deux finales Grand Chelem. Elle arrive sans coach confirmé dans la loge, avec 3,57 doubles fautes par match en 2026 contre 2,76 aces, des chiffres qui trahissent un service sous tension permanente, et aucun match sur gazon depuis Wimbledon 2025. Le moteur est froid, le mental sans filet de sécurité.
Le scénario d'un match long est le plus probable au regard de ces deux profils. Siegemund tient son service, crée de la pression sur la deuxième balle d'Anisimova, et une Américaine qui chauffe lentement sur une surface qu'elle n'a pas touchée depuis un an, sans coach pour la recadrer entre les sets, peut très facilement s'installer dans un match en trois sets où chaque jeu devient une bataille.


