Roig, Nadal et la mémoire du Foro Italico
La rupture avec Wim Fissette en début d'année a ouvert une page nouvelle. Francisco Roig, Espagnol de 59 ans, ancien joueur de circuit et pilier de l'académie Nadal à Majorque, a pris en main la Polonaise en avril. La collaboration a débuté par une semaine d'entraînement intensive à Manacor, documentée par les équipes de Rafa lui-même, avec des sessions sur la terre rouge de l'académie où Nadal a supervisé personnellement plusieurs séances. Les images de Świątek et Nadal échangeant sur le court ont circulé sur les réseaux, et le signal était suffisamment fort pour que Pegula déclare dans un podcast que c'était une très mauvaise nouvelle pour le reste du circuit de voir Iga s'entraîner avec Rafa. Elle a eu raison plus vite qu'elle ne le pensait, puisqu'elle en a pris 6-1 6-2 le lendemain sur le même court. Roig suit le tournoi depuis son banc romain avec une rupture du tendon d'Achille contractée en début de semaine, jambe dans le plâtre, mais la connexion est là et les résultats parlent depuis quatre matches.
La Polonaise à Rome cette semaine a traversé deux phases radicalement différentes. Entrée poussive contre McNally en trois sets avec un deuxième set lâché, puis le déclic. Cocciaretto 6-1 6-0 en 65 minutes. Osaka 6-2 6-1 en 1h20 avec 23 winners pour 9 fautes directes. Pegula hier 6-1 6-2 en 1h05 pour sa première victoire de la saison contre une joueuse du top 10. Quatre matches, une montée en puissance linéaire qui ressemble exactement au profil d'une joueuse qui règle ses paramètres tour après tour. Elle est triple championne dans ce stade, en 2021, 2022 et 2024. Ce court lui appartient.
Deux fois championne à Rome en 2017 et 2018, Svitolina connaît ce tournoi et ce qu'il faut pour aller loin. Son parcours cette semaine est celui d'une joueuse qui se bat à chaque match : victoire Baptiste, victoire Siniaková, puis l'exploit contre Rybakina hier renversé après avoir perdu le premier set 2-6 sèchement avant de trouver les ressources pour imposer son jeu en 2h25. Elle arrive avec les jambes chargées et un état de confiance maximal, mais en face d'une joueuse qui n'a pas souffert depuis cinq jours.
Świątek construit sur un lift de coup droit lourd et haut qui monte à l'épaule, une balle qui écrase le revers adverse et pousse les joueuses défensives hors de leur zone de confort. Ce que la session Nadal à Majorque a travaillé c'est précisément l'intention dans ce coup, frapper plus tôt, plus vers l'avant, ne pas attendre le rebond mais aller chercher la balle dans sa montée pour accentuer encore l'angle et la vitesse de sortie. Svitolina est une défenseuse de fond de court qui contre-attaque sur les relâchements adverses, elle a besoin de temps et d'échanges qui s'allongent. Contre ce lift lourd sur une surface très lente et sous des conditions humides demain matin, elle ne trouvera ni le temps ni l'espace.


