Le marché dort, Pegula veille
Pegula a entamé son tournoi par un bye puis a expédié Sönmez 6-4 6-0 en 72 minutes avant d'infliger un double 6-0 historique à Masarova, premier bagel doublé en 424 matches sur le circuit. Elle a enchaîné 19 jeux consécutifs entre ces deux matches sans concéder une seule balle de break contre Masarova. Contre Potapova, l'une des joueuses les plus en forme du circuit sur clay ces dernières semaines, elle a géré un tie-break de premier set avant de dérouler 6-2 pour conclure en 1h38. Trois matches, zéro set perdu, temps de jeu total inférieur à 4h15.
Świątek a commencé en trois sets laborieux contre McNally, dilapidant une avance 6-1 3-1 avant de s'imposer en près de trois heures. Elle s'est ensuite reprise avec une victoire propre contre Cocciaretto en 65 minutes puis une démonstration autoritaire contre Osaka en 1h20, 23 winners pour seulement 9 fautes directes. Trois matches, un set perdu, montée en puissance progressive mais construite contre des adversaires d'un niveau inférieur à Pegula et ses victimes. Francisco Roig, le nouveau coach espagnol recruté en avril après la rupture avec Wim Fissette, a subi une rupture du tendon d'Achille dès la première semaine à Rome et suit les entraînements depuis son banc, jambe dans le plâtre. Świątek a confirmé que le suivi n'est pas simple.
Pegula frappe à plat, tôt sur la balle, et cherche à court-circuiter les échanges avant qu'ils ne s'installent, son coup droit croisé profond et son revers long de ligne sont deux armes de rupture qu'elle a considérablement affinées sur clay en 2026. C'est exactement le profil qui pose un problème structurel à Świątek : la Polonaise prospère sur les balles hautes et lourdes où son lift de coup droit est dévastateur, elle gagne les points longs, elle use, elle attend la faute provoquée. Pegula refuse ce terrain en frappant avant le rebond et en aplatissant la trajectoire. Si elle impose ce rythme cette semaine comme elle l'a fait contre Masarova et Potapova, Świątek sera privée de son jeu naturel et obligée de construire autrement, sur une surface où ses stats de breaks sauvés à Rome sont déjà les moins bonnes du tableau.


