Et si ?
Rome a toujours aimé les histoires qui n'auraient pas dû arriver. Bianca Andreescu contre Belinda Bencic, WTA 137 contre WTA 9, une ancienne numéro 4 mondiale reconstruite pièce par pièce face à une top 10 en pleine confiance. Sur le papier, le script est écrit. Mais Andreescu n'a jamais vraiment respecté les scripts.
Belinda Bencic arrive à Rome comme elle arrive partout en 2026 : avec la tranquillité d'une joueuse qui a retrouvé son tennis après des années de traversée du désert. La droitière Suisse de 28 ans, WTA 9, a traversé sa propre crise entre 2022 et 2024, opération du poignet, retour laborieux, maternité, et puis cette renaissance progressive qui l'a ramenée dans le top 10 avec des titres à Tokyo et Abu Dhabi en 2025. Son Dominance Ratio clay 2026 à 1.426, ses 71.8% de jeux de service gagnés et ses 75% de tie-breaks remportés racontent une joueuse qui impose sa loi sur ses jeux de service et qui ne tremble pas dans les situations décisives. Elle arrive fraîche, un bye au premier tour, sans la moindre dépense physique depuis Madrid.
En face, Bianca Andreescu écrit peut-être le début d'un autre chapitre. La droitière Canadienne de 25 ans, WTA 137, ancienne numéro 4 mondiale et championne de l'US Open 2019, a passé la majeure partie des cinq dernières années à se battre contre son propre corps, genoux, épaules, dos, une liste de blessures qui rendait sa présence sur un court incertaine d'une semaine à l'autre. Hier contre Kenin elle a rappelé pourquoi le circuit ne l'a jamais oubliée : 5 breaks convertis sur 6, 8 des 10 derniers points gagnés, une capacité à accélérer dans les moments décisifs qui appartient aux joueuses d'exception. Son Elo rank à 103, soit son vrai niveau indépendamment du classement officiel, place l'écart réel avec Bencic à environ 80 points, pas à l'abîme que suggèrent les classements. Elle a battu 12 joueuses du top 10 en carrière, elle sait comment se comporter dans ces matchs. Ses stats clay 2026 montrent 10-6, 63% de victoires, DR à 1.10. La nuance importante est dans les troisièmes sets : 8-11, 42% de victoires, si le match va au bout Bencic a l'avantage structurel.
Hier contre Kenin, Andreescu n'a pas été brillante mais elle a été efficace, ce qui est parfois plus précieux. Elle a converti 5 balles de break sur 6, gagné 8 des 10 derniers points du match, et terminé à 57% de points gagnés au service sur une première balle placée à 65%. Ce n'est pas le tennis d'une joueuse qui revient prudemment, c'est celui d'une joueuse qui sait comment fermer un match quand il se présente.


