Le baptême du feu sur le court des grandes
Deux joueuses de vingt ans exactement, nées la même année, qui se retrouvent sur le court le plus intimidant de la Caja Mágica pour ce qui ressemble à une rencontre entre deux destins en construction. Victoria Jimenez Kasintseva porte le drapeau d'Andorre comme une promesse tenue : première joueuse de son pays à avoir franchi le top 100 en mars dernier, gauchère aux angles déroutants formée par son père Joan dans l'académie familiale de Barcelone, surface préférée déclarée la terre battue depuis l'enfance. Elle arrive ici via une wild card du tournoi, quatre défaites consécutives dans les jambes dont une en qualifs Stuttgart contre une Vera Zvonareva de quarante et un ans, et une confiance qui cherche encore où elle a bien pu se perdre.
En face, Petra Marčinko n'est pas venue à Madrid pour faire de la figuration. La Croate sort d'une demi-finale à Oeiras la semaine passée avec trois victoires solides sur clay, titulaire d'un WTA 125 Rome l'an dernier sur cette même surface, 70% de win rate sur clay sur les 52 dernières semaines. Elle est prête. Mais ce mardi matin à 11h00, elle va poser les pieds sur le Manolo Santana Stadium pour la toute première fois de sa carrière dans un WTA 1000, ce court central de douze mille places avec son toit rétractable et son atmosphère d'enceinte qui grossit chaque son, chaque faute, chaque moment d'hésitation. Pour une joueuse qui n'a jamais connu ça, peu importe la forme du moment, les premières minutes peuvent ressembler à un saut dans le vide.
Le H2H clay entre elles dit l'essentiel : 1-1, avec à chaque fois des scores serrés, jamais d'écrasement dans un sens ou dans l'autre. Ces deux joueuses se rendent la vie difficile sur la surface, les services sont fragiles des deux côtés, et les échanges ont tendance à durer.


