Ecart générationnel !
Tatjana Maria a 38 ans et une carrière qui ressemble à un roman de formation qui n'en finit plus. Elle entraîne son mari en guise de coach, ses deux filles en tribunes, et un tennis d'une autre époque qui ne devrait plus fonctionner à ce niveau. Son slice de revers, sa variation de rythme, ses balles courtes sur lesquelles les jeunes joueuses butent parce que leurs entraîneurs ne les ont jamais préparées à ça : à Rouen la semaine passée, cette mécanique a fonctionné une fois de plus contre trois joueuses qui n'avaient pas le répertoire pour répondre. Kostyuk, elle, a su. Laura Samson saura probablement aussi.
La Tchèque de 18 ans est une tout autre proposition que les adversaires de Rouen. Les métriques clay sur 52 semaines, majoritairement en Challenger/ITF mais cohérentes sur l'ensemble, dessinent une joueuse qui écrase ses adversaires dans les moments décisifs : Dominance Ratio 1.309 contre 0.860 pour Maria, Breakpoints Prevail 1.566 contre 0.826, Match Efficiency 2.368 contre 0.727. En retour elle gagne 53.9% de ses jeux de service adverses contre 30.9% pour Maria. Ce n'est pas une joueuse qui subit les variations, c'est une joueuse qui monte sur la courte balle et qui connaît déjà ce court madrilène pour l'avoir pratiqué la semaine passée au W125K
Le seul argument crédible pour Maria reste son expérience et sa capacité démontrée à Rouen à user des joueuses plus jeunes sur la longueur. Mais Madrid en WTA 1000 n'est pas Rouen en WTA 250, et Samson à 18 ans progresse plus vite que Maria à 38 ne régresse. Elles ne se sont jamais affrontées, le marché price donc principalement le ranking. Nous, on price les métriques clay et l'acclimatation au court.


