Pas le match le plus excitant sur le papier
Ce match oppose deux philosophies de jeu que tout sépare. Siniaková est une architecte du court, une joueuse qui a passé des années à construire ses points en double avec les meilleures du monde, à comprendre les angles, à monter au filet, à varier les effets et les trajectoires. Son palmarès en double parle pour elle, 35 titres dont dix Grand Chelem, mais ce n'est pas que de la statistique : c'est une lecture du jeu qui se transpose en simple, une capacité à déstabiliser les adversaires par l'imprévisible plutôt que par la puissance brute. Sur clay elle n'est pas à l'aise au sens où les chiffres restent modestes, mais son répertoire technique lui permet de ne jamais être enfermée dans un schéma.
Frech joue un tennis radicalement différent. La Polonaise est une défenseuse de fond de court, solide, régulière, capable d'absorber énormément de frappes avant de trouver l'ouverture. Sa deuxième balle est remarquablement propre pour une joueuse de son niveau, 0.19 doubles fautes par jeu sur clay en 52 semaines, et elle attend que l'adversaire se découvre plutôt que de prendre l'initiative. Ce profil peut fonctionner sur clay, mais contre une joueuse aussi variée que Siniaková, attendre passivement revient souvent à se laisser dicter le tempo.


