Une "late Bloomer" sur-évaluée...
L'expérience de ce deuxième tour des qualifications à Miami se résume à une opposition de trajectoires fascinante. D'un côté, Anastasia Zakharova incarne la late bloomer type : à 24 ans, elle découvre enfin les sommets après des années de labeur sur le circuit secondaire. Si elle surfe actuellement sur une dynamique de confiance indéniable, son vécu dans les tournois de catégorie WTA 1000 reste embryonnaire. Ses récentes victoires à Indian Wells ne masquent pas un manque de repères évident dès que l'intensité grimpe ou que les conditions climatiques s'en mêlent, comme en témoigne son historique quasi vierge ici à Miami avant cette semaine.
Face à cette ascension soudaine, Rebecca Šramková oppose la résilience d'une joueuse qui a déjà fréquenté le gratin mondial et touché du doigt le top 35. Là où la jeune Russe pourrait être grisée par son succès facile contre une Chirico hors sujet hier, la Slovaque a dû batailler fermement pour écarter Erika Andreeva. Cette victoire nette, obtenue sans concéder la moindre double faute dans les rafales floridiennes, prouve que la guerrière est prête pour le combat. Son passé de joueuse capable de s'extirper des qualifications dans les plus grands tournois du monde lui confère une assise émotionnelle et tactique bien supérieure à celle d'Anastasia.
Dans les conditions étouffantes et venteuses du Hard Rock Stadium, le pedigree de l'ancienne membre du top 40 risque de peser bien plus lourd que le classement actuel. Si Zakharova possède la fougue, Šramková possède la science de ces surfaces et la lourdeur de balle nécessaire pour briser le rythme d'une novice à ce niveau. Alors que le marché semble s'être emballé pour la forme récente de la Russe, l'analyse froide des forces en présence et du vécu sur le site oriente la réflexion vers un match beaucoup plus équilibré qu'il n'y paraît.


